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Préambule

Au hasard des Arts…

Un blog pour tous, pour rêver, partager une découverte, un regard, donner envie de voir, revoir, savoir, et même chercher, s’interroger, s’insurger, s’étonner, s’émerveiller…
Franchement, ces arts, quel bazar !!!

Le hasard des Arts, n’est pas véritablement un hasard, si ce n’est qu’il sera dicté par l’aléatoire
du livre que j’aurai lu,
du film que j’aurai vu,
de l’expo que j’aurai découverte
de l’émotion que j’aurai ressentie pour un poème, une toile, une sculpture...

Et que sais-je encore ?
Nous allons découvrir et partager, tout cela ensemble.
Des évènements dictés par l’actualité, mais aussi par la découverte ou la redécouverte d’un artiste, d’une œuvre.


Je vous livrerai ainsi le fruit de mes réflexions, de mes engagements, et de mes combats …
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jeudi 4 juin 2015

L'esprit Dada et le Surréalisme

L’esprit Dada et le Surréalisme.

L'esprit Dada naît au milieu de la guerre de 1914- 1918, il s’exprime librement en Suisse, aux Etats-Unis et s’étend en Europe jusque dans les années 1920-25 pour faire place au Surréalisme.
Pour quelles raisons le mouvement Dada a-t-il pu naître, et faire date dans l’histoire de l’art et de la littérature ? Avoir pour référence artistique « la pissotière » de Duchamp, ou les affreux masques de Marcel Janco, ou même encore l’incompréhensible poème « Karawane » d’Hugo Ball on fait mieux en matière de bon goût !







Tristan Tzara réalisé par Marcel Janco 
1919 - Musée Arts Modernes - Paris











Masque Dada -
Assemblage Papiers collés, ficelles, retouche à la gouache et au pastel
1919 - Musée des Arts Modernes de Paris

Pourtant, pourtant… Voilà, un mouvement, un esprit qui prend naissance en Suisse en pleine première guerre mondiale. Quel autre pays aurait pu abriter de tels artistes dans une Europe à feu et à sang? Au cabaret Voltaire de Zürich, Tristan Tzara, Marcel Janco, Hugo Ball, Hans Arp venant de Roumanie, d’Allemagne et d’une Alsace annexée se réunissent et le lieu devient en quelque sorte un café « concert-philo »… Qui sont-ils ces hommes qui déclament, créent, animent des soirées poétiques quand le monde s’étripe derrière les frontières ? Des réfractaires au système, des planqués ? Ils s’opposent à une guerre d’une violence inouïe… Voilà ce que Hugo Ball disait « se rappeler qu’il y au-delà de la guerre des patries, des hommes indépendants qui vivent d’autres idéaux »… 

Pour ces révoltés, il faut, une autre pensée, une autre approche des choses, un monde nouveau -à insuffler -à imaginer –à construire.
Curieux nom, pour baptiser leur courant de pensée « Dada »… Le mot « dada » a justement été choisi au hasard d’un coupe-papier glissé dans un dictionnaire. Prendre un mot, pour qu’il ne soit pas porteur de sens spécifique, sans référence et sans connotation particulière parce que les mots sont Danger ! Le groupe Dada pense que les idées émises par la parole ont amené la guerre qui se déroule en Europe. Il faut, alors, se méfier des concepts émis, de leur interprétation, de la signification qu’on leur donne ou dont on les travestit et qui, finalement conduisent au désastre d’un conflit…
Ainsi le poème « Karawane » d’Hugo Ball, devient dans son non-sens, porteur de message. En voici les premiers vers : « Jolifanto bambla ô falli bambla / Grossiga m’pfa habla horem… ».
 
Karawane - Hugo Ball - poème de 1917

Hugo Ball veut ramener son texte à une poésie sonore, réduite à de simples onomatopées, éliminant tout communiqué artistique ou intellectuel, c’est juste une rythmique à écouter sans la traduire … Ce serait comme être transportés dans un pays imaginaire, auprès d’un peuple dont on ne connaîtrait ni les codes ni les habitudes et pour lesquels dans le but de s’intégrer, il faudrait oublier ses modes de pensée, ses critères d’évaluation et jusqu’à sa bibliographie…Mais c'est aussi pointer l'absurde comme l'est cette Grande Guerre.

L’esprit Dada, -subversif -anti-militariste -anti-hiérarchique, a le désir d’annihiler le système de valeurs qui a amené des hommes à s'entretuer, pour le remplacer par un monde neuf.
Membres du groupe Dada
Au second plan: Ray, Jean Arp, Yves Tanguy, André Breton
Au premier plan: Tristan Tzara, Salvador Dali, Paul Eluard, Max Ernst, René Crevel

Il faut débarrasser la pensée de l’esprit de la guerre, et créer une ligne de front dont le but est d’installer une nouvelle mentalité, un art nouveau…
L’esprit Dada fait école.
En France Marcel Duchamp, Picabia, Aragon, André Breton en sont de fervents défenseurs et diffusent par leur œuvre, ce vent de révolte, d’insoumission et de contestation.
L’histoire de la « Pissotière » de Duchamp est devenue à elle seule, l’icône de l’esprit Dada. 

La fontaine de Duchamp encore appelée la Fontaine de Bouddha ou
La Madone des toilettes - Marcel Duchamp 1917 - Musée des Arts Modernes - Paris

Un « ready-made » une chose toute faite, pour mettre à mal l’art et sa représentation codifiée. Une pissotière en porcelaine rebaptisée « Fontaine de Bouddha »… jouer des mots pour un objet incongru, choisir une porcelaine quand on parle de « couleurs porcelainées » pour des œuvres d’artistes aux valeurs incontestables. Quel pied de nez en même temps qu’un éclat de rire !
Marcel Duchamp a vécu la plupart de sa vie aux Etats-Unis, et c’est à l’exposition de l’Armory Show de New-York en 1917 qu’il présente « son œuvre », masquant son identité sous la signature R.Mutt… L’objet est refusé par le Comité de Sélection. Il avait pourtant été précisé au nom de la liberté de l’art que toute production serait acceptée à condition d’avoir payé le droit d’inscription… Scandale ! Marcel Duchamp appartenant au comité de sélection démissionne, l’objet n’est pas exposé. Le Comité est mis face à ses contradictions, montrant ses limites au même titre que celles des Salons Officiels…
La même année Alfred Stieglitz, photographe et marchand d’art à New-York, expose dans sa galerie « la pissotière » baptisée pour l’occasion « la Madone des toilettes »…

La vraie question qui se pose face à cet objet, c’est : -Qu’est-ce qui fait l’art ? -Est-ce le choix de l’artiste ou l’action de produire ? La proposition de Duchamp révèle l’Avant-Garde de l’époque, crie son mal être, son étouffement des conventions, sa difficulté de vivre, la volonté d’interpeller la société. Il veut changer le regard porté sur l’esprit de la création et la production artistiques. Sa réflexion, une part de ses œuvres sont, de nos jours, interprétées comme « charnière de l’Art moderne » : -donner à l’objet un autre sens, -le concevoir comme une création mentale, -l’expression d’une idée, -un message avant que d’être une émotion artistique.
Léonard de Vinci parlant de la peinture disait qu’elle était d’abord « una cosa mentale » une chose intellectuelle que l’on interprète comme signifiant que l’idée prévaut sur la création…. Certes, la référence est prestigieuse, mais n’est-elle pas sortie de son contexte, pour en faire un slogan derrière lequel on abrite des « approches conceptuelles » comme on dit aujourd’hui ?…
Depuis le musée Pompidou de Paris, a reconnu l’art de Duchamp en achetant en 1986, 12 de ses « ready-made » pour la somme de 1.300.000 francs soit environ 250 mille euros !

D’autres artistes de la famille Dada, ont également proposé des œuvres qui ne manquent pas de laisser le visiteur du musée Pompidou, en interrogation face aux réalisations proposées à la réflexion… Le « Tabac-Rat » de Picabia. 

Tabac-Rat ou la Danse de Saint-Guy
1919 - Francis Picabia - Musée des Arts Modernes de Paris

Un tableau, ou plutôt, un encadrement de tableau, des cordes pour tendre la toile, un nom d’œuvre, un nom d’artiste, une date, un cartel avec un titre, et pas de peinture… Juste les codes utilisés pour une toile, la forme sans le fond, c’est la transgression des conventions établies.

"Est-ce une révolte ?… Non, c’est une Révolution !"

Peu à peu le groupe Dada se scindera et fera naître le Surréalisme. Dali, Magritte, Miro en sont les tenants et Picabia à la croisée des deux styles. Cette époque voit naître des exercices d’imagination qui perdurent encore : écriture automatique, dessins de cadavres exquis, jeux de collages, jeux de mots où l’on détourne le sens originel. On fait des rapprochements insolites, le hasard prend sa place, avec toujours la volonté de chercher à briser le conscient pour atteindre le subconscient. C’est la décennie de 1920/1930, les idées de Freud font florès.
 
Cadavres exquis imaginé par André Breton, Camille Goëmans, Jacques Prévert, Yves Tanguy
Qu’est-ce qu’un « cadavre exquis » ? C’est un jeu à plusieurs, le premier réalise un petit dessin sur une bande de papier, on la plie pour ne laisser apparaître que le dernier trait, on passe au voisin qui continue le dessin sans avoir vu le travail précédent, et ainsi de suite… A la fin, on déplie la bande de papier et on découvre le motif … on l’interprète comme on veut… On y voit de la drôlerie, un message inconscient, un jeu de l’esprit.
Lautréamont écrira dans les Chants de Maldoror, « Beau… comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie »…

Parmi les œuvres des Surréalistes, deux d’entre elles retiennent l’attention, (et surtout ma préférence !)...
En 1926 « La Vierge corrigeant l’enfant Jésus » de Max Ernst… 

La Vierge corrigeant l'Enfant Jésus
1926 - Max Ernst -
Musée de Cologne
L’image est surréaliste, il faut en convenir. Une vierge habillée de rouge et de bleu, on garde les couleurs symboles, -rouge de la passion du Christ, -bleu de la pureté de la Vierge. Pourtant Marie a des épaules de déménageur, et elle est en train de fesser son petit de façon vigoureuse !!! Celles-ci sont rouges des claques reçues, l’auréole est tombée, quand la Vierge garde la sienne ! Cette toile est tendresse, vérité, simplicité, humour. C'est une provocation dans l’expression d’un paradoxe entre l’image que l’on se fait d’un Christ sage et juste et celle d’un petit garçon qui a commis une bêtise. Un gamin qui se révèle être comme tous les enfants du monde et rien à priori ne le distingue de son extraordinaire destinée, puni comme n’importe quel autre enfant. Marie est une mère comme toutes les femmes, elle se fâche « tout rouge » et libère son courroux dans une mémorable déculottée !
Une humanité réaliste qui devient surréaliste en raison des personnages mis en scène.

La seconde toile est « Le Surréalisme crucifié » de Picabia… 
Le Surréalisme crucifié -
1924/25 - Picabia
Musée des Arts Modernes - Paris

Le Surréalisme est en croix. L’allusion au Christ est évidente, bien sûr ! Mais voilà, le Surréalisme est ici représenté dans une crudité choquante… Le Surréalisme, l’homme a des poils aux aisselles, sur la poitrine, au bas-ventre et le périzonium un peu trop court laisse voir les testicules !!!
Subversion, outrage, affront, profanation… C’était en 1924 et personne n’est venu assassiner Picabia et les autres membres du Surréalisme dans leur atelier d’artistes au prétexte que le Christ avait été insulté et bafoué. En 1924, les hommes ont souffert, et il faut laisser la parole s’évacuer. Beaucoup ont appris et compris dans la douleur, que l’hygiène de la guerre n’est qu’un fantasme de monstres. Fantasme qui ne peut pas être soutenu par des hommes de bonne volonté et de foi !

Pour compléter mon propos, je vous invite à la visite du Musée Pompidou à Paris…
A votre tour de porter un regard personnel et d’y ajouter votre interprétation.
Au revoir, à bientôt.


Références consultées :
- http://www.dadaisme.org/dossiers/europe.html
- https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cgjXK4y/rMdEjXq




samedi 4 avril 2015

Méditation du Vendredi Saint

Méditation du Vendredi Saint


La Pietà - Michel-Ange - Basilique St Pierre - Rome

Pour être grand devant les hommes, il faut se contenter de dire ce qu'on attend que vous disiez !
On attend de vous que vous ne sortiez pas de votre fonction. Il faut rester conforme à l'opinion générale et ne rien faire qui désarticule par trop les habituelles pratiques. Même si cela demande quelques entorses à la conscience.
Surtout ne rien entreprendre qui dérange le subtil équilibre des compromissions.
Or voici, un homme le Christ, réduit à rien parce que ni sa parole ni ses actes ne conviennent : -sa parole sur Dieu et sur les hommes et -sur la religion et -sur la liberté intérieure !

Ses actes introduisent une autre façon de pratiquer la loi de Dieu : ses actes en faveur des exclus et de tous les impurs.
Il a fallu le rabaisser publiquement afin de tuer sa Parole !
Il a fallu le ridiculiser afin de jeter la suspicion sur ses actes !
Pour faire taire quelqu'un, c'est simple : il suffit de l'humilier, de le rapetisser, de le discréditer, de le ridiculiser.
Or dans cette histoire, ce qui est nouveau, c'est que celui qu'on rapetisse, qu'on dégrade, celui-là devient grand pour toujours !
Par son dépouillement volontaire et son libre chemin de croix, par le don qu'il fait de lui-même, il ouvre une brèche par laquelle l'humanité pourra prendre la direction de la grandeur.
Les autres, les grands : les pilates, les caïphes, les détracteurs, les tortionnaires deviennent petits et mesquins. Tant il est vrai que la haine et l'étouffement de la conscience rétrécissent l'être humain à son noyau d'animalité!

Jésus est réduit à rien, comme le sont tant d'autres aujourd'hui encore !
C'est Dieu lui-même qui est rapetissé à cause de sa passion pour l'humanité qu'il s'entête à vouloir grande et transfigurée.
Avec Jésus dégradé dans son humanité, Dieu se place définitivement aux côtés de ceux qui sont rabaissés, diffamés, humiliés, maltraités, insultés parce qu'ils tentent d'élever le cœur de l'homme, et il leur dit avec tendresse : 
"C'est vous qui êtes grands ! Vous êtes mes Serviteurs qui, avec mon Fils, sauvent le monde ! Heureux êtes-vous si on vous insulte, si on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi !"
Certes, il ne s'agit pas de courir après les insultes et les persécutions qu'aujourd'hui dans notre société, on qualifierait plutôt de harcèlement et d'humiliations, mais lorsque en étant au service d'une parole juste et en posant des actes de justice et de vérité on rencontre l'hostilité d'autrui, cela signifie que - assurément -  l'on marche et avance dans les traces du Christ
Marcher à la suite du Christ est un chemin de passion, de solitude aussi, de souffrance. Celui qui veut suivre le Christ, doit comprendre et accepter qu'il existe une possibilité de ne pas être accueilli ; c'est accepter de prendre le risque d'être incompris et rejeté.

Jésus nous affirme qu'il y a, au cœur même de l'adversité et de l'incompréhension, une expérience du bonheur, de béatitude. Il nous est indiqué que le vrai bonheur se vit dans la fidélité à la loi de Dieu, fidélité à la vérité, fidélité à la justice, fidélité à la vie !
La Passion et la Pâque du Christ nous font découvrir que pour entrer dans la vraie vie, nous ne pouvons pas faire l'économie de la souffrance et de la mort.
Les béatitudes nous disent comment il nous faut mourir de tant de manières pour avoir accès au don de la vraie vie qui vient de Dieu et qui est marquée du sceau de son amour et de son pardon.
Parce que mourir de la sorte est parfois difficile, nous n'allons pas jusqu'au bout de notre fidélité au Christ, aux valeurs évangéliques. 
Comme Judas, comme Pierre et tous les autres disciples, nous acceptons d'entrer dans des attitudes de lâcheté, de reniement, de trahison de nos propres valeurs ou de nos amis plutôt que de prendre le risque des coups et de l'hostilité pour nous-mêmes.

En nous disant : " Heureux êtes-vous si on vous insulte, si on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi." Jésus ne se contente pas d'énoncer des vérités universelles, des principes impersonnels. Il s'adresse à chacune et chacun de nous en nous questionnant : Es-tu conséquent dans ta manière de parler, de vivre et d'agir ?
Nos paroles et nos actes sont-ils en effet, en accord avec ce que nous prétendons croire, avec les valeurs que nous prônons souvent de manière théorique ou pour les autres sans forcément penser à nous les appliquer en premier lieu à nous-mêmes ?!


Ceux qui, à la suite du Christ agissent comme Dieu le demande, ceux qui font la volonté de Dieu et qui vivent l'amour, la douceur, le partage, la paix,  ne seront pas forcément compris. Ils souffriront nécessairement car sur leur chemin ils rencontreront l'incompréhension, la violence, le refus de la paix, la moquerie, l'avidité à l'avoir, au pouvoir, à la gloire, en un mot la misère humaine. 

Malgré tout cela, et malgré leur cœur si faible d'amour, il leur faudra continuer à aimer... à cause du Christ, car seul l'amour permet d'avancer plus loin que la croix... 
Le Christ en croix est le signe donné par Dieu à notre désarroi et à notre espérance. Tout dépouillement aussi douloureux qu'il puisse être, conduira vers la Lumière de l'aurore, à la grandeur du matin de Pâques. C'est cette promesse de vie au cœur même de l'adversité la plus troublante qui donne naissance au bonheur de pouvoir se relever et se remettre en marche vers de nouveaux horizons. 


Le Christ se révélant aux pèlerins d'Emmaüs - - Rembrandt-
1648 -  Huile sur bois - Musée du Louvre - Paris

jeudi 25 décembre 2014

Noël symboles et coutumes

Noël est là…  Réjouissons-nous !
Noël vient du latin « Natalis »  qui signifie naissance et correspond à la célébration du solstice d’hiver, une fête romaine dédiée au Soleil symbole de lumière. La réjouissance du « Sol invictus » ou soleil invaincu célèbre le commencement du rallongement des jours… Voilà une belle promesse et rendons grâce à cet astre, bénéfique pour nous !!!
Les civilisations antiques commémoraient le solstice d’hiver, dont la date était, avant la modification du Concile de Nicée,  le 25 décembre ! Le soleil invaincu reprend la mythologie d’Apollon et du culte de Mithra.
L'Empereur Constantin et Sol Invictus -
Pièce en or du 4ième siècle ap- JC

(Observer les rayons du soleil sur la tête du personnage à l'arrière-plan)

A l’origine, donc, Noël est une fête païenne…
Comment un rite idolâtre a-t-il pu devenir une fête chrétienne ?
Constantin empereur au 4ième siècle, adorateur du soleil se convertit à la foi nouvelle, la religion chrétienne. On dit que pour imposer cette conversion au peuple, Constantin aurait adapté au christianisme devenu officiel la fête romaine du solstice d’hiver…   
Ainsi nous aurions donc deux Noël, le noël solaire et le noël chrétien.
Christ est-il né un 25 décembre ? Il n’y a aucune certitude, mais le mois de décembre marque le début du calendrier liturgique avec les semaines de l’Avent puis la naissance du Christ. C’est dans les mots : Jésus, Lumière et Source de Vie que Noël prend sens pour nous.


Noël fait rêver les enfants, et ces jours de fête se marquent d’une tradition qui va s’inscrire dans le souvenir… Nous avons tous au fond de notre cœur, de ces belles réminiscences …
On parle de la magie de Noël, et c’est vrai que cette fête a quelque chose de plus que les autres … quelque chose pour faire rêver, espérer, vibrer d’une attente, d’une espérance... et la confusion s’installe entre fête chrétienne et moment festif !


Et pourquoi ne pas, marquer ce moment heureux  par un cadeau? Jésus lui-même a reçu des cadeaux de naissance : l’or, l’encens, la myrrhe et puis adulte un parfum de grand prix : le nard de Marie-Madeleine !!!
L’excitation des enfants n’est pas une illusion de l’esprit, il faut les voir impatients, joyeux, bruyants, maîtrisant mal le temps de l’attente pour le moment attendu : L’arrivée du Père Noël !

On peut juste se désoler de constater que de plus en plus d’enfants ignorent  la raison première de cette fête du 25 Décembre.


Chaque région de France pose son empreinte singulière pour fêter la Lumière…  
La Provence et ses sept desserts mais aussi ses jolis santons ! Un santon c’est un petit saint d’argile… et surtout pas en plastique moulé !!! Le santonnier de Provence fait référence à ce verset de la Genèse chapitre II verset 7:
« Le Seigneur Dieu modela l'homme avec de la poussière prise du sol »
C’est une tradition catholique puisque les Saints sont honorés dans la foi catholique et  non dans le culte protestant..
La fête des lumières à Lyon, célèbre depuis le Moyen-âge, la bénédiction de la Vierge Marie qui  a délivré la ville de la Peste…
La Lorraine et Saint Nicolas, une légende entretenue depuis plus de mille ans où le Saint protecteur des enfants vient, le 6 décembre, distribuer des cadeaux et des sucreries à ceux qui ont été sages. Quand le père Fouettard, lui,  punit ceux qui n’ont pas été obéissants!!!
L’Alsace, aussi, très ancrée dans sa tradition des marchés de Noël où l’on déambule dans les rues, émettant de son souffle des spirales de buée dans le froid hivernal ! Effluves de vin chaud aux saveurs d’orange, de cannelle, d’anis étoilé, de gingembre et de muscade, baraques aux poteries de la région, stands de jouets de bois taillés dans le sapin …


Aujourd’hui, chaque centre ville voit sa place principale ornée d’un magnifique arbre de Noël. Cette coutume est née en Alsace, et les premiers sapins sont apparus sur la Place Kléber à Strasbourg au 17ième siècle. Jusqu'au 19ième, ils étaient décorés de fruits, mais suite à une mauvaise récolte, un souffleur de verre strasbourgeois a eu l'idée de remplacer les fruits manquants par des décorations en verre. La mode était lancée, et les boules de verre soufflé, peintes à la main, sont devenues célèbres.
Le sapin est une tradition protestante, façon de marquer Noël sans faire la représentation des personnages bibliques, en référence au verset 4 d’Exode 20
« Tu ne te feras pas d’image taillée ».

Un sapin protestant et des santons catholiques.


Peu à peu, le sapin de Noël s’est répandu dans toute la France, quand au conflit franco-prussien de 1870, les familles alsaciennes issues de la Réforme ont fui leur région, se sont réfugiées dans les autres provinces de 
France  en essaimant la coutume de l’arbre décoré… Aujourd’hui, catholiques, protestants, ont « oecuménisé » leurs pratiques et l’on trouve des santons, des crèches, des sapins dans toutes les familles chrétiennes… ou non d’ailleurs !


Noël c’est aussi une crèche … c'est-à-dire une mangeoire pour animaux, premier berceau d’un petit garçon nommé Jésus. Le bœuf et l’âne, animaux symboles de patience, de douceur et de force paisible, assistent à l’arrivée d’un nourrisson, réchauffent de leur souffle un enfant fragile.
Pour honorer l’enfant du Seigneur et de Marie, des mages sont venus apporter 3 offrandes.  C’est un nombre trinitaire, 3 mages, 3 âges de la vie, et il y a 2000 ans 3 continents connus.
Les mages sont liés à une légende disant que Adam avait déposé la myrrhe, l’or et l’encens sur un le mont Nud en Perse et devaient être apportés au Messie dont la venue serait annoncé par un étoile brillante. De siècle en siècle 12 mages guettaient ce signe prophétique pour pouvoir se mettre en route et suivre l’astre brillant qui allait les mener jusqu’à Bethléem.
12 un nombre qu’on peut associer aux 12 tribus d’Israël, aux apôtres, et même aux mois de l’année !


Que signifie cette fête de Noël qui devient pour beaucoup une fête marquée par la frénésie de consommation en oubliant le message christique ?
Pour nous chrétiens, Noël n’est pas seulement la fête des enfants, elle est la fête de tous. Nous ne devons pas nous détourner de ces jours au prétexte que les gens ont perdu « la vérité de Noël » et les ont remplacés par des excès en tout genre.
L'adoration des Mages - Rubens- 1624/1627
Louvre 

Nos cadeaux sont des présents, offerts sincèrement, ils disent notre présence auprès de ceux que nous avons choisi de distinguer… Nous serons près d’eux, ou si proches en pensée, lorsqu’ils ouvriront le livre, sentiront le flacon de parfum, liront un mot de tendresse.

Fêtons Noël non pas en consommateurs manipulés comme les publicités, les spots télé nous y invitent. Vivons ce moment fort pour honorer une naissance qui a changé le monde dans une conformité de pensée avec la Parole écrite dans notre Bible.

C’est Noël, joyeux Noël à tous.


dimanche 5 janvier 2014

Pourquoi la Renaissance?

Les origines de la Renaissance
Aujourd’hui nous allons nous intéresser aux origines de la Renaissance…
Quelques villes de France ont marqué l’année 2013 et ce début 2014 par des expositions sur cette époque florissante.
Nancy l’été dernier avec « L’automne de la Renaissance », puis Paris avec « Le printemps de la Renaissance » au Louvre (l’expo se ferme le 6 janvier) et la dernière, « la Renaissance et le rêve » au Palais du Luxembourg qui se clôture à la fin de ce mois.
Si l’on vous demandait comme cela : mais c’est quoi la Renaissance ? Vous diriez l’Italie, Botticelli, Léonard de Vinci… pour la France, vous pensez François Ier et pour l’Angleterre, l’Espagne et les pays Bas, que diriez-vous ? Car, il s’agit bien d’un profond changement dans l’Europe entière, qui a marqué, influencé notre histoire sur plus de deux siècles.

Quelques pistes de réflexion s’ouvrent à notre curiosité.
- D’abord, pourquoi la Renaissance a-t-elle pris son essor d’abord en Italie avant de se répandre dans toute l’Europe ?
Un grand bouleversement n’arrive jamais d’un claquement de doigts, il n’y a pas de génération spontanée de l’évènement. A l’origine de ce grand changement, on peut y voir la fin de l’Empire Byzantin et la prise de Constantinople par les forces ottomanes. C’était en 1453. Face à cet évènement, la ville qui abritait de nombreux savants s’exilent en Italie, apportant leurs savoirs et leurs manuscrits. Byzance portait en elle, les germes du passage de l’Antiquité à la Renaissance, elle possédait dans ses bibliothèques les écrits des érudits gréco-romains.
La Renaissance est souvent décrite comme le retour et la prise en compte des textes anciens. C’est une première piste à explorer…
Il serait faux de dater aussi précisément le début de la Renaissance en Europe et surtout en Italie dans le milieu du 15ième siècle. Dès 1260 Niccola Pisano sculpte sur la chaire du baptistère de la cathédrale de Pise, un marbre qu’on appelle « l’Adoration des Mages ». Cette réalisation a bien des points communs avec une sculpture de sarcophage du 2ième siècle après JC, que l’on appelé « Phèdre, la nourrice et Hyppolite » découvert dans le cimetière du Campo Santo de Pise. Phèdre et la Vierge se ressemblent de manière troublante tant dans l’attitude que dans le drapé de la robe…
Quelques deux siècles plus tard, la réflexion est identique pour les puttis ou angelots des cantorie de Donatello et Della Robbia, ressemblant aussi à des modèles retrouvés sur des sarcophages du 3ième siècle….

Cuve de sarcophage Phèdre,  la nourrice, et Hippolyte. Marbre
Musée du Vatican inv. 10400 - Vers 180-190 après J.-C. 
Pise, Camposanto

Niccola Pisano. L’Adoration des Mages. 1260. Marbre.
Chaire, baptistère de Pise


La Renaissance, nous évoquions,  la prise de Constantinople et la fermeture entre l’Orient et l’Occident.  Peut-on penser, il n’ait pas fallu chercher de nouvelles routes commerciales ? Il fallait trouver un nouvel accès aux Indes, et nous voilà à l’aube des grandes découvertes !  Christophe Colomb et les Caraïbes, Magellan fait le tour de la Terre, eh oui, elle est ronde !!! 

Vasco de Gama, lui trouve des Indes par la voie maritime…
C’est, alors, la découverte de nouveaux marchés, de nouveaux horizons, de nouvelles richesses… La route du commerce ! La Renaissance se structure dans une vie économique entre les pays d’Europe, et les continents connus.
Le Moyen-âge avait déjà mis en place les grandes foires, l’activité bancaire est déjà en place avec les lettres de change et de crédit évitant le paiement en espèces… Des grandes foires réunissent l’Italie et les Flandres et passent par la France et notamment par la Champagne!

Voici un exemple de lien entre le commerce et l’art... Vous connaissez cette toile de Van Eyck de 1434 aujourd’hui exposée à la National Gallery de Londres, et qui s’intitule « Les Arnolfini »… Que dit cette toile, outre ses références à la religion ? Elle raconte que de riches toscans se sont installés à Bruges, se sont faits portraiturés par Van Eyck, et qu’ils ont ainsi aidés à diffuser l’art par le moyen de leur mécénat et de leur fortune. La commande du toscan Giovanni Arnolfini dit les imbrications existantes entre les pôles picturaux, les fortunes acquises entre les pays, les hommes et la politique. Ce sont des échanges qui permettent les innovations, c’est un monde nouveau, une nouvelle manière de penser, une nouvelle façon de faire circuler les personnes, les biens, d’ouvrir les réseaux…



Florence, par son dynamisme, ouvre la voie à la diffusion des idées, des modèles. Les puissantes corporations favorisent les productions et les importations de parfums, bijoux, blé, de tissus. Ce fameux brocard florentin, le premier à supplanter les soieries d’Orient, dont l’innovation est d’introduire les fils de soie dans ses tissus et qui dès les années 1420 inonde le marché européen. On ne peut évoquer Florence sans faire référence à la puissance des Médicis, le goût du luxe, du beau, de l’expression de la pensée. Le talent peut s’affirmer, parce que l’argent est là, parce que le mécénat commande et favorise la création… Ce n’est pas l’art qui fait la Renaissance, il en est le témoin et la preuve,  il est la résultante des richesses induites par les innovations techniques, scientifiques, commerciales. C’est un profond bouleversement, elle signe la fin du Moyen-âge. Les fortunes acquises ont eu besoin des artistes pour leur propre mise en scène : en architecture construction et décoration de palais, sculpture les bustes ou réalisations de somptueux tombeaux, statues équestres…
L’art est aussi instrument au service de la politique, du capitalisme commercial, et transmet également l’héritage culturel. L’Antiquité, revenue la place d’honneur fournit les thèmes et les sources d’inspiration. La révolution de la pensée induite par ce mouvement reste chrétienne, la redécouverte de l’Antique est liée au surgissement des idées, à la naissance de l’humanisme, le paganisme n’y prend pas sa place.

De ce propos sur les causes et les effets de la Renaissance, on peut encore se demander en quoi elle marque l’histoire d’une évolution aussi radicale ?
C’est « la Révolution de l’Homme », le statut de l’intellectuel s’exprime dans la culture humaniste. Le Moyen-âge a enseigné aux élites. A la Renaissance, l’écrit quitte le scriptorium pour le studiolo. On assiste à la révolution technologique avec l’invention de l’imprimerie de Gutenberg, mais aussi celle de la « comptabilité en partie double » de Luca Paccioli initiateur des méthodes actuelles… C’est la diffusion des idées, la remise en question de l’autorité ecclésiastique, la relecture des textes originels. Lorenzo Valla, Rabelais... « Le Discours sur la dignité humaine » de Pic de la Mirandole précise que l’homme est unique, libre, maître de son destin. Le satirique « Eloge de la folie »  d’Erasme avec l’anglais Thomas Moore battent en brèche les excès, et les abus de la religion, ouvrant ainsi la voie à la Réforme. Et puis encore Dante, Pétrarque primo-unificateurs de la langue italienne…
C’est le foisonnement des idées, des arts qui se répandent dans toute l’Europe. Florence est le lien fondateur, initiateur, innovateur, berceau des avancées et des changements.
L’exposition Renaissance du Louvre, qui se clôt en ce début de mois,  montre bien que les innovations ont commencé d’abord par l’architecture, puis la sculpture et enfin la peinture.
Le traité de Vitruve du 1ier siècle avant JC a inspiré tous les traités suivants, et Vignole, Brunelleschi, Bramante, Alberti sont ses enfants… Les perspectives s’ouvrent autant intellectuellement que dans la réalité concrète des productions picturales…
La Renaissance s’ouvre à la France, les campagnes d’Italie menées par François 1ier, provoquent un choc culturel, et font naître les châteaux de la Loire, abriter Léonard de Vinci au Clos Lucé, aménager la galerie de François 1ier à Fontainebleau, l’escalier d’Henri II au Louvre … et tant d’autres beautés, sculptures de Jean Goujon, de Germain Pilon, faïence de Saint Porchère, émailleurs de Limoges, vitraux d’églises…

Pour illustrer cette réflexion, pourquoi ne pas visiter le château de Fontainebleau, celui d’Ecouen, ceux aussi de la Loire…
Lire les analyses d’Axel Kahn « L’homme, le libéralisme et le bien commun » paru chez Stock.
Vous rendre au Louvre découvrir la galerie des peintures italiennes, voir les toiles du Pérugin, Bellini, Botticelli, voir aussi la galerie Renaissance de l’aile Richelieu ….
Se demander enfin, pourquoi tant de beaux esprits ont-ils vécu en même temps, pour s’unir, créer et concevoir le Beau ?

Bonne réflexion, à bientôt….